Définition de l’adolescence

Du latin « adolescere » : « grandir », l’adolescence est une phase du développement qui s’étend de la puberté jusqu’à l’âge adulte. Cette période s’étend sur plusieurs années et n’est pas vécue de la même façon par tous les jeunes. L’entrée dans l’adolescence est marquée par des changements biologiques et hormonaux ; Quant à la sortie, elle est plus difficile à définir. Bien que la société normée ait tendance à marquer la sortie par l’âge de la majorité, la réalité (biologique et psychologique) est différente. Nous le verrons un peu plus tard.

Durant cette période, l’on remarque d’autres évolutions majeures : les changements de repères identificatoires, l’arrivée de la sexualité active, l’activation de comportement à risques, la recherche d’une certaine autonomie et d’une prise de responsabilité tout en ayant à nouveau un mal fou à maitriser l’expression de ses émotions (merci les hormones !). Concrètement tout le corps et le cerveau de l’adolescent est en plein chantier, c’est une perte totale de repères. Il n’est plus un enfant et pas encore un adulte. L’adolescent est en recherche permanente de son identité.

Être parent d’un adolescent

Ne nous le cachons pas, et d’ailleurs tout parent d’adolescent le dit : c’est difficile !

Cette période est compliquée à vivre pour plusieurs raisons. Déjà, parce qu’elle nous renvoie à notre propre adolescence. Mais cette fois, avec notre regard d’adulte, nous ramenant à notre lot de souffrances, d’angoisses et de doutes. Se mêle notre adolescence passée et l’adolescence actuelle de notre enfant ! C’est à en devenir chèvre non ?

Et puis, les questions qui se posent à l’adolescent se posent également au parent en effet miroir : qui suis-je ? quelle est ma place dans la société ? Qu’est-ce que je fais de ma vie maintenant que mon enfant s’apprête à devenir adulte ? L’adolescent dans son autonomisation va, sans ménagement, rejeter son parent, qui va à son tour devoir faire un travail psychique pour faire son deuil. Le deuil de ne plus être le centre du monde de son chérubin !

D’ailleurs, à quelques années près, ce passage correspond à la crise du milieu de vie. Double peine… Ou, double opportunité pour rebondir ! Tout est une question de point de vue.

La période transitoire que traverse l’adolescent va avoir des répercutions sur le couple (l’équilibre parental et conjugal). Car, pour les parents, c’est passer d’une relation « parents-enfant » et une relation « parents-adulte ». Ça n’est plus un enfant et pas encore un adulte !

Être parent d’un adolescent, c’est quelques fois un deuil intérieur : accepter de le voir se transformer et devenir autre chose que ce que l’on avait projeté pour lui. C’est aussi accepter d’être une base de sécurité dont l’adolescent a besoin, concrètement, c’est accepté d’être « utilisé » tout en acceptant la perte de « l’enfant ».

La relation parent/adolescent

L’indicateur de l’entrée dans l’adolescence est la puberté. Les neurosciences ont observé que la fin de l’adolescence est marquée par une stabilisation psychique et hormonale (autour de 24 ans). Il faut retenir de cette période qu’elle est un processus de transformation marqué par une grande vulnérabilité. On observe trois dimensions en évolution : corporelle, sociale et psychologique.

Dans les faits, c’est au quotidien que l’on mesure les difficultés de cette période. Entre l’inquiétude des parents à l’égard de leur adolescent, (le fait qu’il n’écoute plus, qu’il transgresse les interdits, ses réactions démesurées, l’impression constante de marcher sur des œufs) et ses oppositions constantes, il y a de quoi se demander comment tenir le choc et rester présent malgré tout. La relation est fragilisée à chaque instant.

Je disais précédemment que cette période remet en cause le couple conjugal. Par son comportement, l’adolescent va aller dans les failles du couple, notamment par ses oppositions. La relation entre les parents peu s’en trouvée fragilisée également.  Entre les parents, les désaccords peuvent glisser vers le conflit (par exemple sur les valeurs éducative), la vie conjugale et familiale peut ressembler à un véritable tsunami. La séparation des parents, sera alors un facteur supplémentaire de fragilisation des rapports familiaux.

La médiation parent/adolescent

Quand les rapports quotidiens deviennent compliqués et épuisants, allez chercher une aide extérieure peut être salvatrice. Plusieurs options s’offrent alors. La thérapie (individuelle ou familiale) est conseillée quand les symptômes de souffrance sont très inquiétants (comportements suicidaires, maladies psychologiques, etc.). Mais quand le quotidien est difficile sans être pour autant dans les extrêmes, la médiation familiale peut être un outil pertinent : comprendre et clarifier ce que chacun est en train de vivre, prendre du recul sur sa situation, trouver des moyens de communication apaisée, mettre en place de nouvelles règles et des conséquences en cas de transgression, construire des solutions concrètes.

Isabelle Filliozat les parents à se poser la question suivante : « qu’est-ce que je désire mettre dans son sac à dos pour qu’il/elle l’emporte dans sa vie d’adulte ? » A mon sens, se rapprocher d’un médiateur familial quand cette période est trop tendue, permet de répondre à cette question.

La médiation familiale « parents-adolescent » peut tout aussi bien s’enclencher quand les parents sont en couple et font face à une difficulté familiale que lorsque les parent sont séparés. Elle peut être à l’initiative d’un ou des parents et à celle de l’adolescent. Le médiateur familial formé à la médiation parent-adolescent va analyser la demande de la personne qui souhaitera une médiation à ce sujet.

Voici quelques exemples de personnes qui me contactent pour une médiation en rapport avec un(e) adolescent(e) (les prénoms ont été changés) :

  • Maud : « Je voudrais un rendez-vous pour un problème de comportement de ma fille, on ne s’entend absolument plus et elle est violente envers moi. »
  • Jacques : « Je suis en conflit avec mon ex car mon adolescent veut plus de libertés et je ne suis pas d’accord »
  • Alfred et Fanny : « Notre fille de 20 ans nous inquiète beaucoup, nous n’arrivons plus à lui parler »
  • Lucie : « Je suis en conflit avec ma fille et son père »
  • Jade 21 ans : « Mon père ne veut pas me payer mes études alors qu’il l’a fait pour mon grand frère. Maman n’a pas les moyens. »
  • Une professionnelle : « la mère et la fille ont été séparées suite à un conflit avec le beau-père. La jeune adolescente n’a plus de liens avec son père. Est-il possible de faire quelque-chose ? »

Le médiateur familial va analyser les demandes des personnes pour cerner les enjeux qui peuvent être très différents selon les situations. Pour certaines, le médiateur va travailler avec les parents en conflits et invitera l’adolescent à s’exprimer dans la médiation de ses parents. Dans d’autres médiations, il devra travailler le lien entre l’adolescent et l’un de ses parents (ou les deux) afin que le futur adulte ait un sac à dos rempli de bons outils. Ou encore, il pourra être amené à travailler des désaccords basés sur des objets concrets.

Pour conclure

La relation parent-adolescent est un parcours semé d’embuches. En cas de besoin, l’entretien d’information proposé par les médiateurs familiaux permet à chacun d’exposer son histoire et clarifier l’éventuel besoin de médiation. Il est confidentiel, sans engagement et ouvert tant aux parents qu’aux adolescents sans prescription particulière. Un simple coup de téléphone suffit !


Sources :

  • Livre Isabelle Filliozat – « On ne se comprend plus »
  • Approche théorique de la médiation « parent-adolescent » par la médiatrice Isabelle VAN KOTE