Définition

Aussi loin que remonte nos civilisations contemporaines, l’idée de la médiation vient d’une confluence de cultures et de religions. Du latin « mediare » (être au milieu de, s’interposer), la médiation réside dans l’action de servir d’intermédiaire entre deux personnes. D’un point de vue philosophique (Hegel) : « la médiation correspond au moment dialectique où la prise en compte des contraires, selon l’art du dialogue, permet d’arriver à la synthèse, constituant un progrès ».

Le médiateur est à différencier de l’arbitre et du conciliateur. En effet, le médiateur accompagne à trouver la solution mais ne la donne pas, l’arbitre tranche, tandis que le conciliateur trouve la solution. L’idée même de la médiation est d’ENTRER EN COLLABORATION.

Les prémisses

La médiation familiale telle qu’on la connaît aujourd’hui est née aux États-Unis dans les années 70. C’est un avocat qui mène les premières actions. Il tente avec la médiation, de réduire les effets traumatiques du divorce. Fortement intéressée, la justice américaine se saisit du dispositif et le développe. La médiation familiale se généralise rapidement sur le territoire, passe au Canada avant d’arriver en France à la fin des années 80.

En 1988, plusieurs pionniers partis se former au Canada, créent l’Association Pour la Médiation Familiale (APMF). La première action sera de rédiger le code de déontologie de la Médiation Familiale tandis qu’en 1990, plusieurs services de médiation familiale s’organisent en France. Le système judiciaire français est dans un premier temps moins intéressé que ses homologues d’outre-Atlantique. C’est alors, dans le monde associatif et le champ social, que se développe la médiation familiale en France.

Reconnaissance du métier

Pourtant, la médiation familiale jouit d’une reconnaissance rapide. En 2001, Mme Ségolène ROYAL, alors ministre de la famille, institut le Conseil Consultatif de la Médiation Familiale visant à professionnaliser ce métier. Il est alors perçu comme « un métier pour l’avenir ». Ce conseil va élaborer la définition de la médiation familiale : « La médiation familiale est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié, sans pouvoir de décision – le médiateur familial- favorise, à travers l’organisation d’entretiens confidentiels, leur communication, la gestion de leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et son évolution. ». Il va également créer le diplôme d’État de Médiateur Familial (Diplôme de niveau 2 délivré par le ministère des affaires sociales).

S’en suivra une reconnaissance juridique qui va d’abord venir de deux textes de loi, celle sur l’autorité parentale du 4 mars 2002 puis la loi sur la réforme du divorce du 26 mai 2004. Ces deux textes permettent aux juges de suspendre toute action judicaire des parents le temps de tenter une médiation familiale.

C’est à partir de 2006 que la profession requière une reconnaissance financière, par la création d’un protocole de développement et de financement des services de médiation par la CNAF. Cette période marque un engament fort de l’état dans le développement de la médiation familiale. La médiation familiale, convoitée, a toutefois du mal à trouver sa place, de par sa nature indépendante elle a des difficultés à travailler en partenariat avec les potentiels partenaires. Elle est reconnue par les institutions et l’état mais peu de personnes sont prêtes à tenter l’expérience.

Pourtant, une fois le saut dans le grand bain de la médiation fait, les parents/médiés sont 88% à penser que la médiation leur a permis de « dire ce qui était important pour eux », de « comprendre le point de vue de l’autre » (76%) et s’en trouvent « globalement satisfaits ».

Développement

Au fil de cette histoire, l’intérêt pour la médiation ne faiblit jamais. Ce métier a, certes quelques difficultés à trouver sa place, mais se développe fortement et s’implante en profondeur dans les strates de notre société. Elle se développe notamment dans le domaine du soutien à la parentalité.

La médiation familiale continue à affiner son positionnement afin de répondre (au-delà de ceux des familles) aux besoins des partenaires tout en gardant sa déontologie. C’est d’ailleurs un sujet d’actualité fort dans le milieu puisque depuis deux ans est testée la Tentative de Médiation Familiale Préalable et Obligatoire (TMFPO) dans 11 juridictions réparties dans toute la France. L’article 7 de la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice au XXIème siècle, a instauré, à titre expérimental, une tentation de médiation familiale « obligatoire » à peine d’irrecevabilité. Elle a pour objectifs de développer une culture du règlement amiable des conflits, notamment familiaux, travailler à la pacification des rapports sociaux et recentrer le juge sur son office. Si les conditions sont réunies, cette expérience sera généralisée sur toute la France, incitant les citoyens à trouver, avec l’aide des médiateurs familiaux, leurs propres solutions pour dépasser les conflits.

 


Sources :